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Un domaine au passé prestigieux

L’histoire du domaine est relativement bien connue depuis l’époque gallo-romaine: le long de la voie romaine reliant Bavai à Cologne se développent, aux principales haltes, de petites localités. Le passage à gué de la Haine (qui a donné son nom au comté de Hainaut) constitue une étape sur le parcours de la chaussée, laquelle va former progressivement le village de Morlanwelz. Ces terres qui, à partir du 14e siècle, appartiennent au comté de Hainaut, vont susciter l’intérêt de Marie de Hongrie, sœur de l’empereur Charles Quint dont les possessions s’étendent de l’ancien duché de Bourgogne – en ce compris les Pays-Bas, nos régions – à l’Espagne. Devenue, assez jeune, veuve du roi Louis II de Hongrie, elle est chargée par son frère de gouverner les Pays-Bas et reçoit en apanage la prévôté de Binche. Elle y fait construire un palais pour y tenir sa cour. Comme tant de nombreuses têtes couronnées, Marie affiche une grande passion pour la chasse. En quête de terres giboyeuses, elle porte son choix sur un lieu situé non loin du village de Morlanwelz, à trois lieues de Binche. Le coteau sur lequel elle décide de faire construire un pavillon de chasse, dominant la vallée de la Haine, est dénommé «Mariemont», le mont de Marie, en hommage à la gouvernante. C’est au même architecte choisi pour son palais de Binche, Jacques Dubroeucq, qu’elle demande en 1546 la construction à cet endroit d’un petit édifice de proportions relativement modestes.

D’un aspect hésitant entre le Moyen Âge et la Renaissance, cette petite tour rectangulaire semble bien destinée à jouer un rôle secondaire, même si elle y reçoit, en 1549, son frère Charles Quint et son neveu Philippe pour des réjouissances de plusieurs jours qui sont considérées comme les dernières grandes fêtes de la Renaissance européenne.

 

Cinq ans plus tard, le pavillon est incendié par les Français. La restauration de Mariemont, décidée immédiatement, est terminée en 1560, mais Marie de Hongrie s’est déjà retirée en Espagne et le pavillon ne semble guère intéresser les gouverneurs qui lui succèdent. Bien qu’entretenu, Mariemont n’accueille plus d’hôtes illustres durant près de quarante ans. Ce sont les archiducs Albert et Isabelle, également férus de chasse, qui vont lui redonner un nouvel essor.
Séduits par la situation du pavillon, ils décident d’en faire une résidence royale – d’y déplacer leur cour – et procèdent à d’importants travaux d’embellissement.
C’est à cette époque que Mariemont, agrandi par l’architecte Wenceslas Coberger, prend réellement l’allure d’un château: quatre pavillons d’angles ont été ajoutés au corps central, tandis qu’une chapelle, une tour et de nombreux bâtiments annexes sont édifiés. Des jardins fastueux, qui ne sont pas sans rappeler ceux d’Aranjuez, des jeux d’eau et d’importants aménagements des autres parties du domaine confèrent à l’ensemble une impression qui ne manque pas d’émerveiller les visiteurs. C’est de cette époque que datent les représentations les plus célèbres du château, notamment celles de Breughel de Velours. Peu après la mort de l’archiduc Albert, le domaine reçoit la visite de Marie de Médicis.

 

En 1668, Louis XIV revendique, en raison de la signature du traité d’Aix-la-Chapelle, le château de Mariemont. Il s’empare du domaine malgré les protestations espagnoles et visite par deux fois, dans les années qui suivent, le château qu’il intègre parmi ses maisons royales – une célèbre suite de tapisseries en témoigne. Dix ans plus tard, le domaine repasse à l’Espagne. L’Électeur de Bavière Maximilien-Emmanuel le restaure et l’agrandit quelque peu durant les années 1690, mais inéluctablement, Mariemont connaît les vicissitudes causées par la succession des gouverneurs de nos provinces, certains se désintéressant de leurs possessions. Le domaine subit alors les outrages des intempéries mais plus encore ceux causés par la population avoisinante qui n’hésite pas à braconner sur les terres, parfois à s’approprier certains bâtiments.

Désignée en 1725 pour gouverner nos régions, Marie-Élisabeth d’Autriche entend concurrencer les eaux de Spa et tente de mettre à la mode celles de Mariemont. La vie thermale du château, cautionnée par les autorités scientifiques de l’époque, n’en demeure pas moins relativement peu active. Si les eaux de Mariemont jouissaient depuis longtemps d’une certaine renommée dans la région, le projet de leur commercialisation fait long feu, notamment en raison de la mort de l’archiduchesse. La fontaine de Spa, transférée de son lieu originel vers le domaine, témoigne de cette tentative avortée.

 

Le domaine connaît encore des heures brillantes avec le prince Charles de Lorraine. Nommé gouverneur des Pays-Bas, grand chasseur, épicurien, celui-ci apprécie beaucoup les charmes de sa résidence mariemontoise. Le domaine, laissé quelque peu à l’abandon, fait l’objet de rénovations radicales. Charles de Lorraine n’hésite pas à raser la presque totalité de l’ancien château pour reconstruire une demeure digne des fêtes qu’il souhaite organiser. L’architecte lorrain Jean-Nicolas Jadot, puis Laurent- Benoît Dewez qui lui succède (il est aussi l’architecte du château de Seneffe), imaginent un bâtiment aux dimensions imposantes, flanqué de deux ailes ouvrant au premier étage sur la cour d’honneur. La déclivité du terrain est ainsi rattrapée, conférant à l’ensemble des dimensions différentes selon les points de vue. Les jardins sont redessinés, en terrasse, le dénivellement étant partiellement rattrapé par un escalier en fer à cheval muni d’un belvédère, toujours existant. Charles de Lorraine meurt en 1780, après avoir largement contribué, par l’éclat de ses fêtes, à la renommée de Mariemont. Quelques années plus tard, les troubles de la Révolution française se propagent dans nos régions. En 1794, lors d’une escarmouche entre les troupes françaises et autrichiennes, le château est incendié. Les dégâts les plus importants sont cependant causés non par la troupe, mais par les habitants des environs, profitant du changement de régime pour se livrer à un pillage systématique du domaine et de ses matières premières. C’est donc un bâtiment déjà en ruine que découvrent les Warocqué lorsqu’ils rachètent le domaine.

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