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Avril 1917

2 avril 1917

Fonds Aimable Bayet

Album photo « Souvenir de la Réception faite par la population d’Élisabethville aux Troupes victorieuses de l’Est Africain le 2 avril 1917 »

Avec la victoire des troupes de la Force publique congolaise dans l’Est africain allemand et la prise de leur capitale Tabora (voir notice du 27 décembre 1916), les autorités belges voient l’opportunité de redorer leur prestige sur le champ de bataille, à défaut de pouvoir enregistrer une quelconque avancée significative sur le front de l’Yser. Lorsque les troupes congolaises reviennent au pays au début de l’année suivante, elles sont accueillies triomphalement. Ainsi une parade militaire est organisée le 2 avril 1917 à Élisabethville (actuelle Lubumbashi, Katanga). Pour la circonstance, des arcs de triomphe ont été érigés, le nom de « Tabora » apparaît tout au long du cortège, les rues sont pavoisées, les fanfares militaires résonnent. Plusieurs photographes immortalisent l’instant et la presse relaie l’événement qui doit être médiatisé. Cet album-souvenir répond précisément à cet objectif. Parmi les clichés retenus pour illustrer cette publication, deux vues présentent les troupes congolaises, entraînées par les officiers belges, défilant sur la place Royale et l’avenue Luapula.

Fondée en 1910 à l’initiative du colonel Émile Wangermée, Élisabethville est la principale ville du Katanga, réputé pour ses richesses minières, et baptisée en l’honneur de la reine Élisabeth. Lorsque la guerre éclate, cette jeune métropole constitue le point de départ pour les campagnes de la Force publique vers l’Est africain, assurant le rôle de « base-arrière » de premier plan pour l’armée dans sa marche. Il n’est dès lors pas étonnant que plusieurs axes de circulation aient été renommés pour conserver le souvenir de la victoire. Et c’est tout naturellement qu’une avenue Tabora voit le jour, sans doute sur l’initiative du général Tombeur. Il faudra cependant attendre 1930 pour qu’un monument dédié à la mémoire des morts de la Grande Guerre soit inauguré et que le sacrifice des soldats et des porteurs congolais soit enfin publiquement commémoré.

14 avril 1917

Fonds Léon Losseau, 0070

Article « La fin d’une dynastie » Tiré de L’Événement illustré, 3e année, n° 112, 14 avril 1917, p. 297-300.

L’ Événement illustré, sous-titré « Revue hebdomadaire, documentaire, artistique et littéraire », est un titre de presse bruxellois réalisé sous la direction de Constant Van Cortenbergh (+ 1949) dont le premier numéro paraît le 1er février 1915 (voir notice du 14 mai 1915). Dans les colonnes de ce périodique au printemps 1917, plusieurs pages sont consacrées à la situation chaotique qui entraîne la chute du pouvoir impérial. L’auteur d’un article paru dans le n° 112 et intitulé « La fin d’une dynastie » retrace l’histoire mouvementée des Romanov depuis leur montée sur le trône russe au début du XVIIe siècle. La progression chronologique que l’auteur adopte tend à mettre en exergue les difficultés du régime à se maintenir, le caractère effacé ou despotique des différents souverains, les conspirations de palais, les assassinats politiques. Autant de remous qui devaient laisser présager une issue funeste, comme le montre le ton moralisateur des dernières lignes de l’article au sujet du tsar Nicolas II : « Il fallait un homme plus énergique que lui, un diplomate plus habile, un caractère moins sujet aux influences. Il tombe victime de ses traditions de famille, qui n’ont pas su suivre l’évolution des idées sociales, qui sont dans la logique de l’histoire des peuples ».

Monté sur le trône en 1894, Nicolas II (1868-1918) doit faire face à une époque stimulante mais particulièrement agitée par la soif de changements sociaux et politiques auxquels aspire le peuple. Les fondements du pouvoir impérial sont en effet profondément déstabilisés depuis le début du XIXe siècle : abolition du servage, réduction des impôts, essor économique et ferroviaire, fin de l’isolationnisme économique et monétaire… Le paysage de la Russie se bouleverse et le pouvoir n’arrive pas à accepter ou à suivre ces modifications successives. À l’agitation politique qui gangrène le pays, s’ajoutent des affrontements de plus en plus vifs aussi bien dans les différentes parties de l’Empire comme hors de ses frontières. La défaite contre le Japon (1904-1905) avait déjà fortement terni l’image du tsar et donné lieu à une première révolution qui sera durement réprouvée ; Nicolas II doit cependant consentir différentes libertés civiques à contrecœur. Des réformes sont envisagées, mais incomplètes, ce qui engendre de nouvelles tensions intérieures. De même, le rôle jugé malfaisant du mystique Raspoutine au sein de la famille impériale éloigne toujours plus le monarque de ses sujets, tandis que la lutte d’influence dans les Balkans avec l’Empire austro-hongrois éclate avec la Première Guerre mondiale. La déclaration de guerre avec l’Allemagne, les défaites de plus en plus graves sur le front (dès 1915), l’hostilité croissante de la Douma, le renforcement des protestations ouvrières asphyxient le régime, complètement désemparé par cette situation catastrophique. La Révolution de Février 1917 sonne la fin du régime tsariste : Nicolas II abdique le 15 mars 1917, mais le calme n’allait pourtant pas revenir. 

24 avril 1917

Fonds Léon Losseau, 0097

Article signé Fidelis, « Les monstres ! » de La Libre Belgique, n° 117, avril 1917, p. 1-2

Le journal clandestin La Libre Belgique voit le jour au début de l’année 1915 (voir notice du 2 mars 1915). Comme l’indique le bandeau en première page, les numéros de ce « bulletin de propagande patriotique » paraissent de manière irrégulière pendant toute la durée de la guerre. Malgré les coups durs, les perquisitions de l’occupant et l’arrestation de certains de ses membres, La Libre Belgique continuera son travail de sape systématique au grand dam des autorités allemandes. Le numéro d’avril 1917 s’ouvre avec l’annonce de la mort du gouverneur général de la Belgique occupée, le général Moritz von Bissing, décédé au Domaine des Trois-Fontaines (Vilvorde) le 18 avril. Si la rédaction se réjouit de la nouvelle, elle pointe surtout du doigt les actes violents et l’oppression que la population belge a dû subir pendant trois ans : « Il essaya tout, il frappa souvent, il frappa dur, il nous calomnia et nous outragea, à la veille de sa mort, il tentait encore de nous diviser, tout fut inutile, la Belgique fière, glorieuse, unie, ’INDECROTTABLE’, ne céda jamais ! ».

À la suite de cet « éditorial », l’article signé par Fidelis – l’avocat Albert Van de Kerckhove – et intitulé « Les monstres ! » est consacré au retour des ouvriers déportés en Allemagne. Depuis l’année 1915, de nombreuses usines et entreprises belges tournent en effectifs réduits ; la mobilisation des hommes sur le front et le contexte de guerre ont fortement réduit la main-d’œuvre disponible. On ne dénombre pas moins de 650.000 chômeurs à travers le pays durant l’Occupation. Avec l’enlisement du conflit, l’Allemagne est contrainte de pousser l’exploitation à outrance : d’une part, la déportation d‘ouvriers sur les territoires du Reich est menée d’octobre 1916 à mars 1917 et, de l’autre, on recourt au travail forcé dans la zone d’étape jusqu’à la fin de la guerre. L’exploitation des terres agricoles et la production de l’industrie de guerre obligent l’Allemagne à trouver ailleurs ceux qui peuvent assurer le « roulement » de sa gestion quotidienne. Une première campagne de recrutement volontaire en Belgique occupé se solde par un échec ; à l’automne 1916, les hommes « mobilisables » - les Zivilarbeiter Bataillon – se voient notifier une déportation obligatoire, c’est-à-dire pas moins de 58.000 personnes. Dans les faits, leur statut correspond, à peu de choses près, à celui des prisonniers : des camps centralisent les « travailleurs » où la sécurité, l’alimentation, l’hygiène et les traitements physiques contreviennent aux principes élémentaires des conventions internationales relatives au droit de la guerre. Après un hiver rigoureux, les résultats de cette campagne sont décevants pour le Reich : non seulement les objectifs initialement fixés ne sont pas atteints, mais l’image de l’Allemagne est sérieusement ternie lorsque les conditions de « logement » et de traitement de ces ouvriers sont révélées dans la presse internationale. Parallèlement, de nombreuses protestations s’étaient élevées dès les prémices de cette démobilisation : autorités politiques, religieuses – au nombre desquelles le cardinal Mercier ou Charles Magnette, grand maître du Grand Orient de Belgique -, judiciaires (voir notice du 9 novembre 1916) et économiques… Les journaux clandestins belges vont également abondamment dénoncer ces pratiques, à l’image de ce que l’on peut lire dans ce numéro de La Libre Belgique sur un ton revanchard et photos à l’appui : « Montrez à vos enfants cette lamentable image pour qu’à leur tour ils aient, au cœur pour longtemps, pour toujours l’héritage sacré d’une haine profonde pour une nation qui s’est mise au ban de l’humanité ! ».

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