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La vie sur le front de l'Yser

Dans son journal, Gustave Groleau donne une chronique détaillée de la vie du fantassin belge sur le front de l’Yser

Ecoutez ce que nous raconte le soldat Groleau ...

Vendredi 19 mars 1915

Mon service organisé et dans un bien petit trou, je me couche à 3 h. Sommeil impossible !  A 4 h, gelé, je m’éveille et trouve la terre couverte de neige. Il en tombe à profusion et le froid est très vif. De plus il fait du fort vent. Je pars faire une ronde et tombe deux fois à l’eau. Je suis trempé et je ne vois rien, car il fait un noir d’encre. Je me recouche ensuite et, à 7 h, je suis de nouveau debout. On a de l’eau et de la boue jusqu’aux genoux ; de plus les balles et les obus nous sifflent aux oreilles. Je fais une seconde ronde. Voilà où je suis : devant moi l’Yser et les arbres, à vingt-cinq mètres un avant-poste allemand, à cent cinquante mètres leurs tranchées. Derrière moi, des tombes. Il pue terriblement. Derrière les tombes, l’inondation et, au-delà des ruines, rien que des ruines. De toute la journée, je ne cesse d’avoir terriblement froid et souvent j’ôte mes chaussures pour me réchauffer...

Jeudi 8 mars 1917

…. À 7 h 30, les hommes de ma section partaient au travail. Comme gradé, je n’avais donc rien à faire qu’à roupiller, manger et écrire. …. Si encore il faisait gentil, on pourrait aller promener. Mais le pays n’est guère intéressant. À 12 h, on mangeait sans appétit et les heures s‘écoulaient monotones. Le soir, à 17 h 30 …, nous partions au travail par une route très connue, le chemin de Pijpegale… Un peu avant d’arriver au village, on distribuait pelles, pioches, bacs, etc. et, par le boyau de Steenstraat, on s’acheminait vers les tranchées. On dépassait la deuxième ligne ... C’est là que nous travaillerons. …Il faut rehausser et renforcer le boyau de Steenstraat. L’endroit est assez dangereux. Une de nos mitrailleuses de deuxième ligne tire sur la deuxième ligne allemande, d’où deux mitrailleuses répondent. Les balles sifflent au-dessus de nos têtes, assez haut cependant. …Quelques grenades sont aussi lancées en première ligne, nous en voyons très bien l’éclatement. Mais ça ne dure pas longtemps…  Nous sommes à la même place, où, en 1915, nous nous sommes défendus si courageusement, mais au prix de quels sacrifices ! Combien de nos camarades sont ensevelis dans la terre que nous fouillons. Justement on vient d’en déterrer un. Ça pue terriblement. On ne laisse même pas la paix aux morts ! Quand donc finira cet assassinat

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