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Janvier 1918

9 janvier 1918

Fonds Léon Losseau, 0089

Équipe d’infirmières prodiguant les premiers soins à des soldats gazés


Cette photo est extraite du périodique 1914 illustré, également sous-titré Revue hebdomadaire illustrée des actualités universelles. Cet organe de presse avait été lancé la veille du 4 août 1914 et a été imprimé par la suite sans interruption, en proposant huit pages de photographies, accompagnées d’un supplément littéraire de quatre pages. Cette revue fait partie de ce que l’on qualifiera plus tard de « presse du moindre mal » : elle comporte en effet un contenu relativement neutre et objectif, et présente des instantanés de la guerre d’un point de vue international, ainsi que des vues quotidiennes de Bruxelles sous l’Occupation. Les légendes sont à la fois courtes et neutres, de façon à éviter que certains passages soient censurés.

L’image ici retenue présente des infirmières venant en aide à deux soldats blessés à la suite d’une attaque au gaz. Depuis 1917 surtout, les attaques à l’aide d’armes chimiques se développent de façon exponentielle. Désormais, presqu’aucune opération militaire ne se fait sans munitions ou tirs chimiques, ce qui se révèle être particulièrement dévastateur parmi les rangs des belligérants. Rapidement, les tirs chimiques combinent différentes toxines développées au cours du conflit, les munitions devenant alors plus agressives et pouvant être mieux dispersées. Par conséquent, les victimes de ces gaz souffrent souvent d’intoxications « mixtes » à cause de l’utilisation simultanée de plusieurs composants nocifs.

Au fur et à mesure que le conflit progresse, la reconnaissance internationale de la Croix-Rouge permet d’intervenir plus rapidement auprès des blessés. En décembre 1917, le Comité international de cet organisme avait d’ailleurs reçu le prix Nobel de la paix (voir notice du 10 décembre 1918). Toutefois, les progrès médicaux doivent s’adapter rapidement aux blessures dues aux gaz, souvent de manière empirique, pour parvenir à trouver des solutions adéquates. Si les premiers essais de véritables masques à gaz ont lieu en 1915 pour protéger, tant bien que mal, les lésions sur les voies respiratoires et les muqueuses, des modèles plus « couvrants » devront être élaborés pour assurer une meilleure protection pour les attaques de gaz provoquant des lésions dermatologiques.

19 janvier 1918

L’illustration, n° 3907, 19 janvier 1918, p. 59.

Article « Les soldats russes en France – Un bataillon de volontaires »

Faisant suite à la teneur d’accords passés entre la France et l’Empire russe en décembre 1915, environ 44.000 hommes sont mobilisés aux côtés des Alliés. Deux brigades sont envoyées sur le front d’Orient, tandis que les 1ère et 3e Brigades arrivent en France l’année suivante, soit 20.000 soldats. Rassemblés au camp de Mailly (dép. Aube), ils y reçoivent une instruction militaire nécessaire pour un territoire qu’ils ne connaissent pas. Dès l’été 1916, la 1ère Brigade, commandée par le général Nicolaï Lokhvitski (1867-1933), monte au front en Champagne, avant d’être relevée par la 3e Brigade (automne-hiver). Afin d‘assurer une meilleure coordination des effectifs alliés, les deux brigades sont rattachées à la 5e Armée française pour mener l’offensive du printemps 1917 dans la région de Reims. Cependant, la nouvelle des épisodes révolutionnaires en Russie et l’abdication du tsar Nicolas II (voir notice du 14 avril 1917) créent de graves dissensions entre partisans communistes et loyalistes au pouvoir central, ce qui entraîne les autorités françaises à démobiliser les effectifs russes au camp de La Courtine (dép. Creuse). La crise s’amplifie pourtant et, malgré le départ de la 1ère Brigade (majoritairement loyaliste) pour le village de Felletin, à une vingtaine de kilomètres du camp, les tensions restent très vives. Le général Lokhvitski est alors chargé d’obtenir la reddition des mutins de la 3e Brigade en septembre 1917. Par la suite, la Révolution d’Octobre oblige le gouvernement français à laisser trois options aux soldats russes : rallier les rangs de l’armée française, devenir travailleurs volontaires ou être transférés en camp en Algérie. Si la plupart d’entre eux choisi le statut de travailleur volontaire, environ 400 hommes, équipés et formés par la France, constituent la « Légion russe en France », dirigée par Lokhvitski et composée de quatre bataillons. Elle se distinguera, en 1918, dans les campagnes militaires de la Somme, de Champagne et du Chemin des Dames.

Un article de la revue L’Illustration signale le départ de ces volontaires pour le front, en précisant que tous les contingents russes « ont déclaré qu’ils obéiraient aux lois militaires françaises. Pas de Soviets ». Une mention destinée à apaiser les craintes, parmi la population française, de voir tout péril révolutionnaire « rouge » trouver un ancrage favorable parmi ces troupes. Enfin, on notera la présence sur l’une des photos de « l’ours Michka ». Acheté au début du conflit par des officiers russes, cet ours est devenu la mascotte du corps expéditionnaire parti de Russie en 1916. Docilement, le pauvre animal va suivre les aléas des bataillons russes, parvenant à échapper aux bombardements et attaques au gaz sur le front. Après l’armistice, Michka sera remise au Jardin d’Acclimatation de Paris où il terminera ses jours en 1933.

29 janvier 1918

FGB R.P. 381

Sem, Un pékin sur le front, Paris, Pierre Lafitte, 1917

Originaire de Périgueux (Dordogne), Georges Goursat, dit Sem (1863-1934), est un illustrateur, caricaturiste et affichiste à la notoriété établie dans le Paris de la Belle-Époque. Dès 1900, Sem s’intéresse à représenter, à « croquer » la vie mondaine de la capitale, tant dans la Ville Lumière que dans ses déplacements sur les plages normandes ou dans les soirées chics de Monte-Carlo. À ce titre, il est fréquemment appelé à travailler pour la presse, auprès d’organes à grand tirage tels que Le Journal, Le Gaulois, L’Illustration, Le Figaro ou L’Excelsior. Parallèlement, il réalise plusieurs travaux publicitaires, surtout des affiches, et publie de nombreux albums d’illustration. Lors du déclenchement des hostilités, il est envoyé par Le Journal comme correspondant de guerre. L’armée française lui donne la possibilité, à plusieurs reprises, de venir suivre le théâtre des opérations, tout en lui occultant certaines réalités très dures des conditions de vie des soldats.

C’est précisément ces épisodes où il coiffe la casquette de « témoin civil du front » qui l’amènent à endosser également la tenue de chroniqueur et d’écrivain. Ému de la condition de ces hommes vivant au cœur de l’enfer, Sem rassemble ses impressions sous la forme d’un ouvrage sorti de sa plume et illustré de son crayon. Le titre de celui-ci, Un pékin sur le front, fait directement référence à une forme de mépris dans lequel les civils sont tenus par les militaires, seuls autorisés à rendre vraiment compte de la vie au combat. Probablement dérivé de l’espagnol « pequeño » (petit, menu), le terme « péquin » (ou « pékin ») désigne en effet un simple civil aux yeux des militaires. Le style simple et le trait direct, sans fioriture, traité au fusain et au crayon et rehaussé à l’aquarelle, rend compte avec beaucoup de franchise des émotions qui l’on traversées au cours de ses « excursions ». La renommée de son auteur et la sincérité de ces impressions valent à l’ouvrage un beau succès de librairie.

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