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Novembre 1917

6 novembre

Fonds Huberlant, Varia 067c/003 - /005

Carnet de cartes postales illustrées « Ypres – Puinen : Ruines : Ruins – 1914-18 », 1ère série

Ces cartes postales éditées par la firme bruxelloise Nels sont consacrées aux destructions subies par la ville d’Ypres pendant la Grande Guerre. De par sa situation stratégique pendant toute la durée du conflit et alors que les lignes de front se situent à quelques kilomètres à peine de son centre, Ypres est quasiment détruite lorsque se déroule la Bataille de Passchendaele, également connue sous le nom de 3e Bataille d’Ypres ou, en France, de 2e Bataille des Flandres. Suite aux succès militaires du mois de juin 1917 (Bataille de Messines), l’État-Major allié envisage de percer les lignes allemandes dans la région. La première offensive est lancée le 31 juillet, et les différents assauts vont se succéder jusqu’au mois de novembre suivant. Le bilan de ces opérations demeure cependant mitigé : une progression de 8 km autour du Saillant d’Ypres pour de très lourdes pertes humaines dans les deux camps (de 250.000 à 300.000 morts environ). Les troupes britanniques et canadiennes vont s’illustrer par leur héroïsme chèrement payé ; le souvenir de Passchendaele est encore très présent chez ces nations. La ville, en plus d’être le théâtre des opérations militaires qui se situent à quelques encablures de son territoire, est aussi le lieu d’expérimentation pour de nouvelles armes, notamment chimiques. Ainsi, la plus vaste attaque au gaz (chlore) se déroule non loin de là le 22 avril 1915 ; le premier lance-flammes y est également utilisé en juillet 1915 et, deux ans plus tard, la première attaque de gaz moutarde (également baptisé « ypérite ») est lancée à proximité.

 

Lorsque les habitants reviennent à Ypres au début de l’année 1919, c’est un paysage de désolation qui s’offre à eux. Reconnue « ville martyre », la commune se voit attribuer la croix de guerre 1914-1918 (22 octobre 1919). En effet, il ne reste plus grand-chose en élévation, à commencer par la cathédrale Saint-Martin et les halles couronnées de leur beffroi, édifiées au XIIIe siècle. Ce vaste ensemble était jusqu’alors l’un des plus grands bâtiments civils de style gothique au monde et le symbole de la puissance et de l’opulence de la cité médiévale. La destruction d’un tel patrimoine ne pouvait laisser indifférente l’opinion publique internationale, raison pour laquelle – déjà pendant la période de guerre – des photos et cartes postales illustrent l’ampleur des dégâts. Ce « devoir de mémoire » se poursuit et s’amplifie dans l’entre-deux-guerres, à l’instar des documents présentés ici et diffusés en français, néerlandais et anglais. Au dos de ces cartes, la mention « Ligue nationale du Souvenir » nous apprend que celles-ci étaient commercialisées pour les œuvres de cette société, dont le leitmotiv est sans équivoque : « N’oublions jamais nos héros et nos martyrs ». Ce faisant, Ypres devient en tant que tel un « lieu de mémoire », non seulement par la reconstruction à l’identique de sa cathédrale couronnée par une flèche initialement jamais réalisée (1922-1930), mais aussi par la restitution de ses halles (1933-1967). Plus récemment, les halles sont devenues l’un des symboles de la mémoire de la Première Guerre mondiale en Belgique en accueillant en son sein le musée In Flanders Fields.

 

 

 

 

8 novembre

Archives Warocqué, n° 34/23

Courrier et instructions relatifs à l’expertise des collections du domaine de Mariemont par les autorités allemandes

Suite à l’entrée en guerre des États-Unis et au blocus économique qui s’est fortement durci pour l’Allemagne en 1917, plusieurs mesures sont mises en place par l’occupant pour trouver les matières premières indispensables à la poursuite de ses opérations militaires. Le 1er mars de cette année, une ordonnance est publiée pour la saisie des métaux, comme les cloches d’églises ou les machines de nombreuses usines, en vue de leur refonte. De même, les objets domestiques en cuivre, étain ou en fonte sont convoités et réquisitionnés au besoin. Mariemont ne semble pas échapper à ces mesures et le risque est grand de voir les prestigieuses collections rassemblées par son ancien propriétaire être saisies.

À la mort de Raoul Warocqué, survenue le 28 mai 1917 (voir notice du 9 juin 1917), Léon Guinotte (1879-1950), administrateur des Charbonnages de Mariemont-Bascoup et ami intime du défunt, devient son légataire universel. D’une part, il hérite d’un patrimoine colossal (environ 35 millions en numéraire et portefeuille d’actions, ainsi que 5 millions de biens immeubles et un demi-million de biens meubles), mais il doit assurer la gestion du domaine de Mariemont – son parc, son château et ses collections d’art – dans l’espoir d’une issue favorable du conflit pour le remettre ensuite, selon la volonté du testateur, entre les mains de l’État belge. Durant cette période (1917-1920), Guinotte se repose surtout sur l’ancien secrétaire et homme de confiance de Raoul Warocqué, Richard Schellinck qui avait déjà supervisé Mariemont durant les voyages et absences de son maître.

Voici pourquoi Guinotte reçoit, le 6 novembre 1917, une notification émanant de l’Abteilung für Handel und Gewerbe bein den General-Gouverneur in Belgien, la Section pour le Commerce et l’Industrie en Belgique occupée, lui signalant qu’un expert en œuvres d’art se rendra, deux jours plus tard, à Mariemont afin d’y examiner les collections. Ce département est en réalité chargé de l’économie de guerre, mais dans l’intérêt de l’Allemagne. L’une de ses missions est en effet de rechercher les matières premières utiles à l’effort de guerre, comme l’attestent les instructions jointes à ce courrier relatives « à la vérification des cuivres dans les maisons ». Afin d’éviter toute prédation et risque de fonte, Raoul Warocqué – suivi plus tard par Léon Guinotte et Richard Schellinck – avait ordonné que l’on cache certaines œuvres pour éviter qu’elles ne soient emportées ou détruites par l’ennemi. Grâce à ces mesures efficaces, les collections du Schloss Varocqué [sic] seront relativement épargnées pendant la Grande Guerre.

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