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Septembre 1917

1er septembre 1917

Archives Émile Courtin, « Guerre 1914-1918 – Services de guerre » (Rèves, 1er septembre 1917)

Attestation délivrée par F. Dupont-Lebrun qui reconnaît avoir planté des pommes de terre en vue de leur consommation personnelle

Cette note manuscrite, signée par un certain F. Dupont-Lebrun de Rèves (arr. Charleroi, comm. Les Bons Villers) et datée du 1er septembre 1917, certifie que quatre ares de pommes de terre ont été plantés par ses soins. L’auteur reconnaît que la demande lui en a été adressée par le secrétaire communal de Morlanwelz Émile Courtin (voir notice du 30 mai 1917) et que le produit de cette culture est destiné à la famille de ce dernier. Le billet est authentifié par la confirmation manuscrite du bourgmestre de Rèves et l’apposition du cachet à l’encre de l’administration communale.

Cette déclaration permet de se rendre compte de la vie quotidienne en matière d’alimentation pendant l’Occupation. Celle-ci rend difficile l’approvisionnement des cultures et exige un rationnement de plus en plus strict (voir notice du 19 juillet 1917). En effet, rien n’a été réellement prévu sur le plan économique en cas de conflit. À l’instar d’autres États, la Belgique compte beaucoup sur les importations et rencontre rapidement des problèmes de ravitaillement, d’autant plus que les réquisitions allemandes pour l’approvisionnement des troupes se rajoutent à la demande intérieure du pays. En outre, le blocus économique imposé par le Royaume-Uni et l’entrée en guerre des États-Unis (engendrant la fin de l’aide apportée par la Commission for Relief in Belgium) affaiblissent l’Allemagne, mais impactent également la Belgique. Suite à cette conjugaison de facteurs, la qualité des denrées se détériore et les produits alimentaires de base se raréfient. Ainsi, la pomme de terre est devenue l’élément principal du repas durant la période de guerre – même si elle peut être remplacée par des choux-raves, des topinambours ou des rutabagas par exemple –, mais elle est soumise à un rationnement de 300 grammes en 1916, puis de 190 grammes en 1917. Posséder un petit lopin de terre est donc un privilège pour espérer retirer quelque profit de ce que l’on y fait pousser…

8 septembre 1917

MRM, Num.1GM.8

Médaille commémorative de la fête de charité organisée par le marquis de Villalobar

Cette médaille – montée en pendentif avec l’ajout d’une bélière ornée de deux têtes de lions affrontés – a été frappée à l’occasion d’une commémoration : la fête de charité (une « garden-party ») organisée au domaine de Val-Duchesse à Auderghem (région bruxelloise) le 8 septembre 1917. Sur l’avers, le blason simplifié du roi d’Espagne Alphonse XIII, entouré du collier de l’ordre de la Toison d’or et celui de l’ordre de Charles III, le tout couronné. Au revers, deux personnages avancent avec peine dans un paysage balayé par la tempête. Les deux hommes sont nus ; le vieillard barbu et aveugle porte sur ses épaules un jeune homme incapable de se déplacer. La légende renforce ce message : « Aidons-nous mutuellement. La charge des malheurs en sera plus légère ». Il s’agit d’un emprunt à la Fable XX L’aveugle et le paralytique de Jean-Pierre Claris de Florian (1755-1794), dans laquelle les deux invalides s’unissent pour avancer dans la vie. Chacun peut surmonter ses obstacles grâce à l’aide de l’autre.

Réalisée par le célèbre sculpteur et médailleur belge Godefroid Devreese (1861-1941), cette œuvre est en réalité un « assemblage » de circonstance. En effet, le revers avait servi, en 1916, pour une autre médaille patriotique, dont l’avers présentait le double portrait des souverains belges. C’est la thématique du secours mutuel qui a été mis en avant par l’artiste. Elle fait écho à la réception du 8 septembre 1917 dont il est ici question. Organisée par Rodrigo de Saavedra y Vinent, marquis de Villalobar (1864-1926), ministre plénipotentiaire d’Espagne depuis 1913, cette fête de charité est mise sur pied au profit des orphelins de guerre belges et français. Bien connu pour son implication personnelle pour l’aide à la population belge pendant le conflit (voir notice du 4 février 1916), le marquis de Villalobar convie à cette occasion le gratin de la noblesse belge, divers représentants politiques, les bourgmestres de Bruxelles et des environs, le cardinal Mercier, ainsi que de nombreuses personnalités des Sciences, des Arts et des Lettres. Un buste du diplomate sera érigé plus tard à Val-Duchesse pour commémorer cet événement. On ajoutera que, peu de temps après l’armistice, les autorités belges ont souhaité témoigner leur gratitude envers ce philanthrope en commandant son buste en marbre destiné à prendre place au Palais de la Nation ; à la demande de l’intéressé, le choix du sculpteur se portera sur Godefroid Devreese qui achèvera son œuvre en 1920.

11 septembre 1917

Fonds Léon Losseau, 0156

La Guerre. Documents de la section photographique de l’Armée (Ministère de la Guerre). X. Avions et autos

Paris, Armand Colin, 1916

Cette couverture et ces deux planches sont tirées des Documents publiés par la Section photographique de l’Armée française, rattachée au Ministère de la Guerre. L’objectif de cette publication lancée dès 1916 était d’illustrer les divers aspects de la participation de la France durant le conflit. Regroupés par thématique, ces fascicules seront publiés en vingt livraisons et, par la suite, regroupées sous un format plus imposant. Chaque image sélectionnée est accompagnée d’une brève légende, et l’ensemble est supervisé par le journaliste Victor-Eugène Ardouin-Dumazet (1852-1940), spécialisé avant la guerre dans l’édition de guides touristiques.

Après des débuts assez incertains à la fin du XIXe siècle, le développement de l’aviation va connaître des progrès fulgurants dans le contexte « technologique » de la Première Guerre mondiale. Les prémices d’un vol aéronautique réalisé par l’homme s’apparentent aussi bien à de l’expérimentation scientifique et technique qu’à une « course à l’aventure » où les pionniers cherchent à aller plus loin, plus haut, plus vite. Si le scepticisme des États-majors en 1914 est grand par rapport aux utilisations de l’avion en contexte militaire, chacun revient bientôt sur ses positions. Non seulement il peut servir à des missions de reconnaissance – ce qui était déjà le cas pour des ballons fixes sur le champ de bataille dès le XVIIIe siècle –, mais il peut ensuite également effectuer des bombardements de positions et d’objectifs ennemis. Les problèmes structurels et le perfectionnement des matériaux pourront progressivement augmenter le poids du chargement opérationnel. De même, les premiers combats aériens vont voir le jour et devenir plus meurtriers avec l’équipement de mitrailleuses synchronisées.

Des appareils comme le Fokker E.III allemand (dès juillet 1915), l’Airco DH.2 anglais ou le Nieuport 11 français vont constituer des jalons importants dans l’histoire de l’aéronautique. Globalement, c’est la France qui pourra se prévaloir de disposer, à la fin de la guerre, du plus important parc aérien parmi les belligérants. Parallèlement, la formation de pilotes de guerre se développe avec la création d’escadrons spécialement entrainés pour les nombreuses missions de l’armée de l’air. Les plus redoutables d’entre eux vont devenir de véritables légendes de leur vivant, à l’image de Manfred von Richthofen, surnommé le « Baron rouge », ou du capitaine français Georges Guynemer, premier « as » français à atteindre les cinquante victoires avérées pendant la Grande Guerre. C’est d’ailleurs au cours d’une de ses missions derrière les lignes de front, dans la région d’Ypres, qu’il perdra la vie le 11 septembre 1917.

21 septembre 1917

Fonds Léon Losseau, 1046

Avis pour la projection d’un film de guerre à Mons

Cette affiche invite le public à venir assister à deux séances de projection cinématographique dans la salle de l’Alhambra à Mons, sous les auspices de la Kommandantur locale. L’annonce évoque l’occasion « unique » de venir découvrir « un film de guerre authentique », à l’attention de « tout être intelligent qui veut de ses propres yeux se rendre compte de l’outillage ultra-perfectionné de la guerre moderne ». Le film dont il est question est une œuvre de propagande allemande consacrée à la guerre maritime et, plus spécifiquement, à un navire à la renommée internationale : le croiseur auxiliaire SMS Möwe.

Lancé en 1914 comme cargo marchand entre l’Allemagne et sa colonie du Cameroun sous le nom de Pungo, ce bâtiment est réquisitionné par la Marine de guerre et transformé dès l’automne 1915. Mis en service le 1er novembre de cette même année, le SMS Möwe (ndlr « La Mouette ») est commandé par le comte Nikolaus zu Dohna-Schlodien (1879-1956). Dans un premier temps, le navire est converti en mouilleur de mines, c’est-à-dire qu’il place, à divers endroits de passage de l’Atlantique Nord, une série de mines sous la surface de l’eau afin d’endommager ou de couler les éléments de la flotte alliée. Ensuite, le croiseur, doté de cales profondes, effectue de véritables campagnes de piraterie, afin de saisir la cargaison de bâtiments alliés, de les capturer ou de les couler. L’audace et la maîtrise du commandant permettront à l’équipage de réaliser d’importantes prises de guerre et de recevoir les félicitations personnelles du Kaiser.

Conscient du prestige qui entoure le navire et son commandant, l’Armée allemande envisage de lui consacrer un long métrage. Tourné à bord du Möwe de novembre 1916 à mars 1917 – alors qu’il effectue son deuxième grand voyage dans l’Atlantique –, le film Graf Dohna und seine Möwe connaît sa première diffusion à Berlin le 2 mai 1917. Une importante campagne de promotion entoure cette production, non seulement à travers l’Empire mais aussi, comme c’est le cas à Mons dès le mois de septembre suivant, dans les zones d’étape occupées. Commun à toutes les nations belligérantes de la Grande Guerre (même si les productions américaines prônent le pacifisme jusqu’à l’entrée en guerre des États-Unis en 1917), ce cinéma de propagande doit susciter le patriotisme et l’héroïsme, qui peuvent déboucher sur un appel à l’enrôlement.

30 septembre 1917

Fonds Soltau

Lettre de Jean-Baptiste-Adrien Liégeois adressée à sa mère

Parmi la liste des nombreux camps de déportés et de prisonniers de guerre qui ont vu le jour pendant la guerre, celui de Soltau, situé en Basse-Saxe entre Hambourg, Brême et Hanovre, conserve un souvenir particulier pour la population belge et, singulièrement, la mémoire de Soignies et de sa région. Édifié dans une zone marécageuse, ce camp est scindé en deux parties séparées par une large allée centrale. D’un côté, les prisonniers de guerre sont détenus dans des conditions matérielles relativement « acceptables », eu égard à la Convention de Genève qui doit garantir leur statut. De l’autre côté, les déportés sont logés dans des baraquements plus rudimentaires, situés en annexe du camp. De nombreux citoyens et soldats belges y sont emprisonnés, dont un fort contingent (842 prisonniers) issus de la région sonégienne.

Parmi les détenus belges, le sergent Jean-Baptiste-Adrien Liégeois (né en 1886) nous a laissé quelques témoignages de sa vie au camp, grâce à la correspondance qu’il a entretenue avec ses proches (voir notices du 12 avril 1915 et du 4 juin 1915). Dans cette lettre du 30 septembre 1917 adressée à sa mère, il lui fait part de son changement d’affectation dans les tâches imposées aux prisonniers. Alors qu’il était employé à la réception et la réexpédition des colis à la gare de Soltau, il est désormais muté au service postal du camp. S’il a réalisé ce changement, c’est avec « la belle perspective en hiver de [ne plus] devoir faire tous les jours 5 kms, le voyage du camp à la gare ». Son service est réparti en deux plages horaires, de 8 à 11h et de 14 à 17h. Plus loin, il évoque la situation des prisonniers malades, transférés en Suisse, deux à trois fois par mois. Et s’il envie cette forme de « libération » du camp, il affirme stoïquement que « s’il faut être malade pour mettre fin à sa captivité, je préfère prolonger celle-ci ».

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