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Octobre 1916

5 octobre 1916

Inv. 29.607 (R. 102)

Arthur Rimbaud, Une saison en Enfer, Bruxelles, Alliance typographique (M.-J. Poot et cie), 1873

Ce texte d’Arthur Rimbaud (1854-1891), le seul qu’il ait publié de son vivant, a comme thème la dénonciation de la civilisation occidentale et la prédominance de la place de la religion et de la quête du salut dans un moment particulièrement intense de sa courte existence. C’est en effet peu de temps après sa fracassante séparation avec le poète Paul Verlaine et le « drame de Bruxelles » – où ce dernier fait feu sur son jeune amant (10 juillet 1873) – que Rimbaud rédige ce recueil de poèmes qui marque l’un des sommets de son art. Son manuscrit est déposé en octobre 1873 auprès d’une maison d’édition bruxelloise, où 6 à 10 exemplaires imprimés lui sont remis comme il était d’usage. Les 450 à 500 autres exemplaires imprimés n’ont jamais été vendus : une croyance propagée quelques années plus tard affirmait que l’auteur les avait lui-même détruits.

Cependant, en 1901, l’avocat et bibliophile montois Léon Losseau découvre fortuitement l’intégralité des tirages dans les greniers de cette ancienne maison d’édition spécialisée dans les écrits juridiques. En effet, Arthur Rimbaud n’avait pas payé le solde à l’imprimeur, qui avait alors gardé les exemplaires dans ses réserves. Conscient de l’importance de sa découverte, Léon Losseau sait qu’elle risque d’avoir une incidence sur la valeur des quelques exemplaires répertoriés à l’époque, achète l’ensemble du lot retrouvé et décide de garder le secret. Leur existence sera pourtant révélée lorsqu’il distribue un exemplaire à chacun de ses confrères de la Société des bibliophiles belges séant à Mons le 24 décembre 1912. Absent de cette réunion et ayant appris la valeur du « cadeau » fait aux autres membres, Raoul Warocqué s’en plaint auprès du Montois et reçoit sa plaquette en juillet 1914.

Prélevant un certain nombre d’exemplaires encore en sa possession, Léon Losseau les a préservés, les faisant relier et numéroter en 1916. Il fait don le 5 octobre 1916 du premier numéro à Raoul Warocqué, grand collectionneur, accompagné d’une dédicace de sa part et de l’étude qu’il a publiée sur l’histoire de cette « pépite bibliophilique ».  Il s’agit donc du deuxième exemplaire original qui entre à Mariemont. Puis, respectivement en 1983 et en 1998, le Musée royal de Mariemont se voit remettre deux nouveaux exemplaires de ce petit ouvrage resté mythique.

9 octobre 1916

Archives Warocqué, n° 40/7, Occupation 1914-1918

Compte rendu des activités de l’Ambulance du Palais royal de Bruxelles, adressé à Raoul Warocqué

Dès l’annonce du conflit, le Palais royal de Bruxelles (place des Palais) est transformé en ambulance sous l’initiative de la reine Élisabeth. Le bâtiment principal est directement mis à la disposition de la Croix-Rouge de Belgique et les premiers blessés arrivent dès le 16 août 1914. Le rez-de-chaussée est occupé par les salles de soins et les différents services logistiques et techniques, le premier par les salles des malades, tandis que le second sert de logement au personnel. L’Ambulance sera évacuée le 10 février 1919. En vertu de la Convention de Genève et du premier article des Statuts de la Croix-Rouge, aucune distinction n’est réalisée parmi les blessés et malades à accueillir : soldats tuberculeux, prisonniers belges rentrés d’Allemagne, blessés et réfugiés du front... L’on ne s’étonnera pas de relever, parmi les 945 patients pris en charge pendant toute la durée d’existence de l’Ambulance du Palais royal, 605 Belges, 43 Français, 3 Anglais, 1 Russe et pas moins de 293 Allemands. Le faible taux de mortalité (33 décès enregistrés entre 1914 et 1919) atteste de la qualité des soins prodigués.

D’un point de vue pratique, la Croix-Rouge fournit une partie du mobilier ainsi que les éléments nécessaires pour le traitement et l’alimentation des malades. Cette organisation persiste jusqu’au 1er janvier 1916, date de la dissolution du Comité de direction de la Croix-Rouge de Belgique par l’autorité allemande. Dès lors, l’Ambulance s’adresse à de grandes sociétés et à des philanthropes privés afin d’obtenir de leur part un soutien financier. C’est ainsi que Raoul Warocqué, notamment, soutient cette institution dès 1916 et reçoit périodiquement un compte rendu des missions et activités de l’Ambulance. Ce rapport de deux pages est signé par l’administrateur de l’Ambulance, le colonel baron De Moor, et le médecin-chef, le Dr Louis Le Bœuf, remplaçant le Dr Antoine Depage, parti pour le front de l’Yser en novembre 1914. Le document est un résumé portant sur le troisième trimestre 1916 : « Le nombre des entrées a été sensiblement moindre que pendant les trimestres antérieurs, d’abord parce que les échanges de prisonniers, inaptes au service militaire, sont devenus moins fréquents, et ensuite parce que, parmi les invalides rentrés des camps de concentration allemands, il s’en est trouvé très peu dont l’état justifiât une hospitalisation ».

En plus des soins donnés aux blessés, des cours leur sont également proposés sur place. Ceux-ci sont organisés dès le début de l’année 1915 par la direction afin d’occuper les pensionnaires de façon « utile ». Comme en témoigne ce rapport, les résultats sont encourageants de façon à prévoir un certain avenir pour les mutilés devenus inaptes à un travail manuel : « C’est grâce à la préparation dont ils ont été ainsi l’objet que, pendant le 3e trimestre, quatre invalides ont pu, à leur sortie de l’Ambulance, être admis dans de grands établissements financiers de la capitale. La Banque nationale a bien voulu en engager un, la Société Générale deux et le Crédit Anversois un ». L’enseignement proposé porte notamment sur les langues, l’arithmétique, l’algèbre, la géométrie ou encore la géographie.

25 octobre 1916

Ac.85/23 (n° 200)

Autoportrait photographique anonyme

Cette photo est un autoportrait du photographe ayant réalisé plus de 600 négatifs photographiques conservés, depuis 1985, au Musée royal de Mariemont, qui fournissent un témoignage de premier plan sur l’hôpital de campagne de Bourbourg, situé dans le département du Nord en France, non loin de Dunkerque (voir notice du 19 septembre 1916). Cet hôpital est fonctionnel entre 1915 et 1919, en remplaçant les ambulances situées à Dunkerque à la suite des bombardements allemands à la fin du mois d’avril 1915. Dirigé par le médecin principal Wilmaers, Bourbourg est accessible grâce à la route de Gravelines et est situé le long de la gare de la localité. Sur ses quatre années de service, l’hôpital a reçu 13.000 patients, avec un total de 500 lits disponibles.

L’ensemble iconographique préservé à Mariemont a fait l’objet d’une numérisation de haute qualité. Il reprend une série de photographies manifestement prises (au plus tard) entre septembre 1916 et la fin du mois de juillet 1917 (au plus tôt), contextualisant un séjour de revalidation de près d’une année pour l’auteur de ces vues. L’appareil utilisé peut être monté sur trépied et est de fabrication anglaise. L’on peut distinguer des portraits de proches et de membres de la famille de l’auteur, ceux de camarades et de soldats blessés croisés sur place, d’officiers, de membres du personnel médical et infirmier, des vues des infrastructures (salles des malades, pharmacie, local de radiologie…) de l’hôpital et de la ville de Bourbourg (gare, cafés, rues…), ainsi que des moments pris sur le vif d’événements qui se sont déroulés in situ (représentations théâtrales, cérémonies funéraires, visites d’autorités militaires…). Plusieurs clichés sont également consacrés à des vues intimistes de l’alcôve de l’auteur, dont les murs sont ornés de cartes postales illustrées, de photos de famille…

Quant au photographe, il n’a pas encore livré son identité. Cependant, il est facilement reconnaissable sur plusieurs (auto)portraits – dont cette image prise en face d’un miroir – et photos de famille, et on peut supposer Hautrage (comm. Saint-Ghislain, dans l’arrondissement de Mons) comme village d’origine et/ou de résidence sur base de plusieurs vues, notamment de l’église Saint-Sulpice et de la chaussée de Mons. Malgré tout, on peut déduire quelques informations au vu des images conservées. Notre homme est soldat dans l’armée belge et doit avoir une bonne quarantaine d’années. Il est marié et son épouse se prénomme Gabrielle, dont il a fort probablement eu des enfants. Il fume la pipe et prend soin de son apparence ; il semble faire partie de la petite bourgeoisie locale. Il reste à espérer que le nom de ce témoin de la Première Guerre mondiale pourra un jour sortir de l’anonymat.

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