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Août 1916

3 août 1916

Archives Warocqué, n° 10/2, Lettres 1916 (lettre M)

Lettre d’Henri Marchal adressée à Raoul Warocqué relative à une proposition d’acquisition

Ce courrier est rédigé par un marchand d’art bien en vue des milieux bruxellois au début du 20e siècle, Henri Marchal, responsable de l’établissement « À l’Horlogerie de Genève », sis rue du Midi, un quartier encore réputé, un siècle plus tard, pour ses antiquaires et bibliophiles. Ainsi qu’il était courant à l’époque, le marchand s’adresse directement à un potentiel client par voie de courrier pour lui proposer l’une ou l’autre pièce en sa possession. Raoul Warocqué, dont la renommée de collectionneur est établie depuis de longues années dans la capitale belge, est régulièrement sollicité pour ce type de demandes. D’autant plus que Warocqué continue – certes dans des proportions moindres –, de réaliser des acquisitions d’œuvres d’art et de documents précieux durant la période de guerre, alors que le marché de l’art n’est forcément pas au mieux de sa forme. L’initiative d’Henri Marchal n’est, en ce sens, évidemment pas désintéressée. Il est vrai que la collection de dinanderies et des arts du métal européens de Raoul Warocqué a déjà fait l’objet de plusieurs prêts consentis pour diverses expositions, par exemple à Dinant (1903), à l’Exposition universelle de Liège (1905) ou à l’Exposition de Charleroi (1911). 

Si les premières acquisitions du riche industriel se font dès 1887 – il est alors à peine âgé de 17 ans –, celui-ci aura le bon sens de suivre les conseils de spécialistes, conservateurs aux Musées royaux des Arts décoratifs et industriels (futurs Musées royaux d’Art et d’Histoire de Bruxelles). De même, son bibliothécaire, lui-même ancien antiquaire, Louis Causse, effectuera ce type d’achats pour son compte de 1903 jusqu’à son décès survenu en 1909. La collection ainsi rassemblée contient aussi bien des éléments de mobilier liturgique que « civil » (bassins, plats décoratifs, aquamaniles, mortiers, chandeliers…) datant du Moyen Âge au début du 20e siècle.

La pièce qui est ainsi proposée à Raoul Warocqué durant l’été 1916 est, selon les dires du marchand qui agit pour le compte d’héritiers résidant en province, « un grand plat d’argent, rehaussé d’ivoires sculptés et d’émaux », « travail de l’époque de la Renaissance ». Aucune trace d’une quelconque acquisition de cette œuvre ne semble subsister, ce qui laisse penser que le collectionneur ne s’est pas montré preneur, soit en raison de son état de santé de plus en plus déclinant, soit – ce qui est plus probable – parce que ce plat en argent n’a finalement pas retenu son attention.

10 Août 1916

Musée royal de Mariemont, Bibliothèque, 10.287 B

Belgian Art in Exile. A representative Gallery of Modern Belgian Art, Londres, Colour, 1916

Cet ouvrage fait partie de ces témoignages du soutien apportés à l’étranger en faveur de la « Poor Little Belgium » et, tout particulièrement, vis-à-vis du patrimoine et de l’art en Belgique pendant l’Occupation. Ainsi, bien souvent à l’initiative de Belges en exil, des expositions d’art ancien et contemporain « belges » fleurissent en France, au Royaume-Uni ou aux États-Unis. Non seulement l’idée est de présenter un florilège d’œuvres d’art jugées représentatives des artistes ayant vécu sur le territoire « belge » (comme les Primitifs flamands par exemple), un patrimoine partiellement perdu ou endommagé, mais aussi de valoriser la production des « écoles » et des artistes contemporains du conflit. C’est précisément dans ce sens que la Ligue des Artistes belges à Londres, présidée par le peintre Jean Delville, s’adresse à Alfred Wilson Barrett (1870-1945), directeur de la revue anglaise Coulour, afin d’éditer un luxueux ouvrage présentant la diversité et l’originalité de la production artistique belge de l’époque. Dans cette optique, les bénéfices sont reversés aux œuvres de bienfaisance, comme la Croix-Rouge de Belgique, le « Convalescent Home for Belgian Soldiers » et le « British Gifts for Belgian Soldiers », sous le patronage des princesses de Belgique Henriette, duchesse de Vendôme, et Clémentine, princesse Napoléon.

Ce recueil, présenté dans un sobre cartonnage aux armes de Belgique et dont le texte français est également traduit en anglais, accueille une préface de Jean Delville dans laquelle celui-ci adopte un ton virulent – mais récurrent à l’époque – pour répondre aux critiques de la propagande du Reich, décriant l’art belge comme « pornographique et ne se complaisant que dans des scènes de cruauté ». Pendant de longues lignes, Delville rétorque que, de son côté, « l’Allemagne a surtout l’esthétique de la dureté, de la brutalité » et que son art correspond bien à sa « race teutonne, avec ses atavismes obscurs de peuplades barbares – les plus barbares d’entre les peuplades barbares du passé » (p. 2-3). Il convient évidemment d’attirer la sympathie et l’admiration du lecteur – lui forcément « cultivé » – sur « la malheureuse et honnête Belgique ». Contrepoids idéal, les pages suivantes sont une louange du poète Maurice Maeterlinck en faveur du Roi-Chevalier Albert Ier ; un exemplaire lui sera d’ailleurs directement porté à La Panne. Mais le cœur de l’ouvrage est la reproduction en couleurs ou noir et blanc, collées sur 82 planches de papier fort, d’œuvres d’artistes belges, principalement créées ou conservées en Angleterre. Ainsi, on y retrouve de grands noms de la sculpture et de la peinture qui ont apporté leur concours au volume, tels Victor Rousseau, Pierre Paulus, Émile Claus, George Minne, Égide Rombaux, Fernand Khnopff, Gustave van de Woestijne, James Ensor, Théo van Rysselberghe… L’on ne s’étonnera guère de découvrir que l’artiste le plus représenté au fil des pages est… Jean Delville lui-même.

22 Août 1916

Ac. 2011/174 et Ac.2018/214

Médailles commémoratives de la bataille de l’Yser, par Eugène Canneel

Ces deux exemplaires d’une même médaille commémorative sont l’œuvre du sculpteur et médailleur bruxellois Eugène Canneel (1882-1966). L’avers présente un soldat belge debout, appuyé sur son fusil, et montant la garde devant un champ de bataille désert. La légende fait directement référence à l’enfer des tranchées sur le front occidental : « 1914 Yser on ne passe pas ! 1918 ». Au revers, la frappe porte la mention : « Hommage à […] titulaire de la Carte du feu », accompagnée des armes couronnées de la Belgique et entourées de laurier et de chêne.

D’un diamètre de 6,5 cm, cette médaille – personnalisable et émise en néerlandais et en français – est décernée à tout soldat belge qui a servi pendant au moins 12 mois dans une unité au contact de l’ennemi. La mention « titulaire de la Carte du feu » est directement liée à l’octroi d’un document ad hoc qui permet aux vétérans de bénéficier de certains avantages dans les transports en commun et dans les soins de santé. Parallèlement, le Livre d’or de la Carte du feu, édité par la maison J. Rosez (Bruxelles) voit le jour à partir de 1932. Ce volumineux ouvrage – qui connaîtra huit éditions, dans les deux langues, jusqu’en 1940 – reprend l’ensemble des soldats titulaires de cette carte du feu qui en ont émis le souhait. Pour ce faire, chaque soldat a rempli un formulaire personnel dont les informations sont reprises et harmonisées dans l’ouvrage : nom et prénom, lieu de domicile, grade, distinctions militaires et, éventuellement, portrait photo. Pour le chercheur d’aujourd’hui, c’est un précieux témoignage permettant de donner un nom et une identité à ceux qui ont connu, au plus près, la violence des combats.

Le Musée royal de Mariemont conserve, depuis peu, deux exemplaires de cette médaille. L’une a été décernée à Charles-Armand Cooreman, originaire d’Hornu (région montoise), soldat de 3e Ligne ; l’autre à Théodore Tassier (Anderlecht), soldat aux 2e Grenadiers. Tous deux figurent bien dans le Livre d’or (éd. 1937, pl. 26 et éd. 1938-1939, pl. 473).

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