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Février 1915

23 février 1915

Archives Warocqué, n° 41/8, Brassard de l'Association charbonnière du Centre.

 

Brassard de l'Association charbonnière du Centre - Service des transports par chemin de fer, délivré à Raoul Warocqué

Sur le territoire de la Belgique occupée, les autorités allemandes assurent la gestion du réseau ferroviaire, principalement à des fins de transport militaire. Le ravitaillement en denrées de première nécessité pour les populations est largement insuffisant. Aussi, certaines associations sont constituées pour les aider. C'est notamment le cas de l'Association charbonnière du Centre (ACC), qui reçoit l'autorisation d'utiliser le réseau secondaire. Depuis la gare de formation d'Haine-Saint-Pierre, charbons, mais aussi pommes, pommes de terre, grains, nourriture pour le bétail ou bois sont acheminés, dès la fin du mois de novembre 1914, à destination de Bruxelles et de diverses localités de la région (via les lignes aboutissant à Luttre, Monceau-sur-Sambre, Anderlues, Lobbes et Erquelinnes). À diverses reprises cependant, des wagons de l'ACC sont réquisitionnés pour envoyer l'approvisionnement nécessaire aux troupes d'occupation, au grand dam de ses responsables et du gouvernement belge au Havre. Au début de l'année 1916, les Allemands reprennent en main certains tronçons - Binche, par exemple, n'est désormais plus desservie -, obligeant le transfert du siège de l'Association à la gare de Mariemont au mois de juillet. Raoul Warocqué y a joué un rôle important, bien que son état de santé se soit rapidement dégradé (il est décédé le 28 mai 1917). Le recul du front et le reflux des soldats allemands en Belgique va contraindre l'ACC à cesser ses activités dès la mi-septembre 1918.

Ce brassard en lin, numéroté "171" et délivré à Raoul Warocqué, porte le cachet de l'ACC et la signature en facsimilé de son administrateur-directeur Jules Lecocq (1865-1933), accompagné du "visa" du Verwaltungsrat der belgischen Eisenbahnen, le Conseil d'administration des chemins de fer belges (Bruxelles). 


19 février 1915

Archives Warocqué, n° 41/11, Bons de guerre – Belgique (H-O)

 

Bon de caisse de 20 francs émis par les autorités communales d'Ostende

Peu après l'invasion allemande, les communes du Royaume doivent faire face à une sévère pénurie monétaire. Celle-ci sera partiellement atténuée par l'émission de bons de caisse destinés, principalement, au paiement des salaires ou à l'achat de biens de nécessité. Ce type de documents, plus ou moins soignés, suscite également l'intérêt des collectionneurs. Raoul Warocqué va chercher à rassembler un maximum de bons émis en Belgique et dans le nord de la France et prendre soin de les réunir dans plusieurs albums. S'il bénéficie de dons provenant de proches et d'amis, le grand bourgeois s'adresse également à sa banque, "H. Matthieu & Fils" à Bruxelles, chargée de les acquérir pour son compte. 

Au cours du 19e siècle, Jules-Joseph-Louis Mathieu (1822-1894), fils d'un des principaux actionnaires fondateurs de la Société Générale, s'était constitué un considérable patrimoine foncier. Sa résidence principale, située dans la capitale belge, se situait juste à côté de la banque familiale, tandis qu'il était également propriétaire du prestigieux château de Wynendaele (Torhout). Cette situation prospère continue à la génération suivante, conduite par Josse-Jules (†1922). Consul de Portugal et banquier, il fréquente quotidiennement les lieux de pouvoir bruxellois. Les Warocqué vont devenir l'un de ses principaux clients. On comprend aisément que les contacts soient réguliers entre le grand patron fortuné, sénateur et mécène, et l'enseigne bruxelloise, sise à proximité de l'hôtel privé des Warocqué. Absorbée par la Banque de Bruxelles (1928), cette dernière fusionnera avec la Banque Lambert pour devenir le Banque Bruxelles-Lambert (1975).

Pour ce bon de caisse émis par la commune d'Ostende, la valeur réelle (en date du 19 février 1915) a directement été débitée sur le compte de Raoul Warocqué, comme en témoigne le bordereau dressé le même jour. Le numéro de série "H 8686" repris sur cette quittance correspond effectivement avec celui apposé sur le bon conservé à Mariemont.


10 février 1915

Archives Warocqué, n° 9/9, Lettres et demandes 1915.

 

Lettre de H. Herman à Raoul Warocqué

Si le statut de neutralité de la Belgique ne la poussait pas - a priori - dans la course à l'armement que connaissait le reste de l'Europe, les autorités ont néanmoins pris conscience de tout l'intérêt de créer une flotte aérienne. La première commande officielle (le modèle d'aéronef "Henri Framan Type Circuit") date de 1910, tandis qu'une première école d'aviation militaire établit ses quartiers à Brasschaat (arr. Anvers). Le nombre de champs d'aviation s'est rapidement accru dans les années suivantes (Namur, Liège, Louvain...) et, le 16 avril 1913, Albert Ier signait un arrêté royal relatif à l'organisation de la compagnie d'aviateurs et de l'école d'aviation. À la veille du conflit, la flotte belge est composée de quatre escadrilles; un chiffre bien modeste en comparaison des 158 aéroplanes (soit vingt-quatre escadrilles) et cinq dirigeables que possédait l'armée française. Pendant la guerre, le rôle de l'aviation n'a eu de cesse de s'intensifier. Cantonnée, dans un premier temps, à de simples missions d'observation pour aider aux mouvements des troupes et de l'artillerie - les différents états-majors ont vite réalisé le bénéfice de tirer des prises de vue aériennes -, les aéroplanes ont effectué, dès 1915, de nombreux bombardements stratégiques contre l'ennemi. Parallèlement, deux escadrilles ont été spécialement formées pour les premiers combats aériens de l'histoire; elles étaient équipées de mitrailleuses de plus en plus redoutables. Malgré tout, les biplans restaient assez fragiles: accidents et pannes clouaient au sol bien des appareils, davantage que les escarmouches de l'ennemi.

La rapide ascension de l'aviation moderne a poussé des ingénieurs - et de nombreux néophytes - à proposer des innovations et améliorations aux modèles existants. Dans cette lettre, un certain "H. Herman", de Jolimont, demande l'intervention de Raoul Warocqué pour un appareil qu'il a conçu. D'après l'auteur du projet, son invention présente les caractéristiques suivantes: elle "s'élève perpendiculairement du sol ou de l'eau sans le secours d'hélices", "peut se tenir immobile" et atteindre "une vitesse de 250 à 300 kilomètres à l'heure"! H. Herman sollicite donc l'appui du puissant mécène pour présenter son invention à l'un des gouvernements alliés. Si ce prototype d'hélicoptère avant la lettre semble tout à fait révolutionnaire, les ingénieurs allemands ne parviendront à concevoir un appareil fonctionnel... qu'en 1936. Nous ignorons malheureusement quelle suite Raoul Warocqué a donné à cette requête.


7 février 1915

FLL 0037, Berliner Illustrirte Zeitung, 24e année, n° 6.

 

La Une du journal Berliner Illustrirte Zeitung

Comme son nom l'indique, le Berliner Illustrirte Zeitung est un journal illustré publié à Berlin par la maison d'édition Ullstein-Verlag. Hebdomadaire à grand tirage - un million d'exemplaires en 1914 -, ce journal populaire accorde une place de choix à l'illustration et s'érige en précurseur de l'usage de la photographie dans la presse périodique.

Pendant la Première Guerre mondiale, et à l'unisson de l'ensemble des organes de presse des pays belligérants, le Berliner Illustrirte Zeitung se penche prioritairement sur l'actualité militaire. Des reportages photographiques retracent la vie à l'arrière du front tandis que les combats sont illustrés par des dessins évocateurs.

La Une du 7 février 1915 ne fait pas exception à cette thématique guerrière. Elle évoque indirectement le conflit en cours à travers l'émotion qui étreint le soldat au moment de quitter sa terre natale pour rejoindre son régiment. L'illustration est l'oeuvre de l'artiste allemand Ernest Liebermann (Langemüß bei Meiningen, 1869 - Beuerberg in Oberbayern, 1960). Formé à l'Académie des Arts de Berlin, Liebermann est un peintre, graveur et dessinateur de renom. Réputé pour ses nus, ses portraits et ses paysages, il connaît son heure de gloire sous le IIIe Reich, sa représentation idéalisée du corps féminin correspondant entièrement au programme artistique prôné par le régime.


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