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Janvier 1915

26 janvier 1915

Vaisselle patriotique de la collection Warocqué. Cafetière (inv. S.117.201), pot à lait (inv. S.117.215), tasse et soucoupe (inv. S.117.229.1 et 2)

 

Vaisselle patriotique

L'engagement patriotique - très enthousiaste en ces premières années de guerre - se manifeste aussi par le biais d'objets quotidiens souvent modestes - cartes postales, boîtes à biscuit, drapelets, mouchoirs... - arborant les couleurs nationales, évoquant la famille royale ou les pays alliés.

Ainsi, ces pièces de vaisselle - tasse et soucoupe, cafetière et pot à lait - en porcelaine blanche dont les bords sont soulignés de bandes aux trois couleurs de la Belgique; sur les panses et au centre de la soucoupe, deux drapeaux belges entrecroisés placés au-dessus d'un fleuron sont surmontés d'une couronne de laurier encerclant les millésimes 1914-1915. Ces porcelaines portent les cachets de la manufacture d'Ixelles II : "Vermeren-Coché / Bruxelles / 141, Chaussée de Wavre" dans un ovale (tasse, cafetière, pot à lait) et "L. Demeuldre-Coché / Bruxelles / Propriété déposée" dans un ovale associé à un hémisphère (soucoupe). Le décor a été réalisé sur de la vaisselle blanche manufacturée parfois plusieurs années auparavant ainsi que l'atteste la première marque qui n'était plus utilisée en 1914.

Ces pièces portent les stigmates de l'incendie qui détruisit le château-musée de Mariemont. Les collections léguées par Raoul Warocqué à sa mort en 1917 furent relativement épargnées, mais ce ne fut pas le cas pour la vaisselle au décor patriotique millésimé "1914-1915". L'inventaire de la succession Warocqué nous apprend qu'il en existait plusieurs ensembles, principalement rangés dans l'Office (une pièce proche de la cuisine, consacrée au service) du château. Là se trouvaient également des porcelaines de la même manufacture, décorées en 1905 pour la commémoration du 75e anniversaire de l'indépendance de la Belgique: expression similaire, dans un tout autre contexte, de l'attachement à sa patrie. 


23 janvier 1915

Archives Warocqué, n° 40/4, Guerre 1914-1918, Nouvelles publiées par le gouvernement général allemand.

 

Ordonnance relative à la suppression des festivités et réjouissances prévues pour le Carnaval de Bruxelles

Maurice Lemonier (1860-1930), signataire du document, est le bourgmestre ad interim de Bruxelles. Docteur en droit et ingénieur des Mines, le libéral d'origine montoise, a siégé à la Chambre des Représentants de 1892 à 1894 et de 1902 à 1903. Il est nommé échevin des travaux publics puis bourgmestre, de 1914 à 1917, suite à l'emprisonnement d'Adolphe Max. Son courage et sa détermination face aux exigences allemandes, qu'il a tenté de temporiser au maximum, ont conduit à son arrestation, puis à sa déportation en Allemagne.

L'ordonnance dont il est ici question a été publiée environ trois semaines avant le Mardi Gras, célébré le 16 février en 1915. Les manifestations liées au carnaval ne connaissent en réalité qu'un succès populaire mitigé dans la capitale. Par contre, la mesure a davantage affecté le Meyboom, organisé le 9 août par les membres de la Gilde de Saint-Laurent, dans l'ancien quartier du Marais.

Les ordonnances affichées à Bruxelles durant le conflit ne sont pas conservées en originales à Mariemont. Toutefois, Raoul Warocqué avait pris soin d'en commander des copies photographiques, qu'il a réunies dans des albums.


14 janvier 1915

Archives Warocqué, n° 40/2, Guerre 1914-1918.

 

Lettre de George F. Spaulding à Raoul Warocqué

Lorsque la Première Guerre mondiale éclate, de nombreux Américains se retrouvent coincés en zone de conflit. Herbert Hoover - qui sera président des États-Unis de 1929 à 1933 - est chargé d'organiser et de planifier leur rapatriement. Une fois ces opérations achevées, il met sur pied la "Commission for Relief in Belgium", afin de venir en aide aux Belges nécessiteux en développant un réseau efficace de distribution de denrées alimentaires et de vêtements. En attendant que les délégués permanents arrivent en Belgique, Hoover s'adresse à des étudiants américains volontaires de l'Université d'Oxford. Partis le 4 décembre 1914 de Folkestone, ils se rendent à Bruxelles pour être briffés. Après une semaine, ils sont envoyés, deux par deux, dans les provinces pour dresser, dans chaque commune, l'état de la situation et préparer la création des comités régionaux et locaux de distribution des vivres. Walter Lowdermilk et George F. Spaulding rejoignent ainsi Mons. Leur séjour y est de courte durée, car l'impossibilité de disposer d'un véhicule rendait leur mission particulièrement malaisée. Une réunion avec les notables du Hainaut, chargés de créer un comité provincial pour l'entreposage et la distribution des vivres, les met directement en contact avec Raoul Warocqué qui, aussitôt, les invite à installer leur quartier général au château de Mariemont. Parallèlement, il met à leur disposition une de ses deux limousines avec chauffeur! Pendant cinq semaines, les Américains ont cohabité avec le généreux châtelain. À la fin du mois de janvier 1915, ils retournent à leurs études en Angleterre, laissant la place au délégué permanent Charles H. Carstairs. Le 14 janvier 1915, Spaulding écrit à Warocqué pour lui demander l'autorisation de loger à Mariemont trois délégués de la "Commission". Ceux-ci sont en chemin pour Namur, mais une escale à Mons ne leur permettait pas d'atteindre leur destination le jour-même.


8 janvier 1915

Collection de timbres-poste de Raoul Warocqué, album 1.

 

Timbres-poste belges au profit de la Croix-Rouge

Le 3 octobre 1914 étaient mises en circulation deux séries de trois timbres-poste au profit de la Croix-Rouge (5, 10 et 20 centimes): l'une à l'effigie du roi Albert Ier, et l'autre dite "Monument de Mérode". Elles ont été imprimées à Anvers par les établissements lithographiques Verschueren. Lorsque la poste belge s'installe à Sainte-Adresse près du Havre, après l'occupation de la Belgique par l'Allemagne, elle emporte une partie du tirage, qui rencontre immédiatement un grand succès. Cependant, les plaques originales étant restées chez l'imprimeur anversois, ce dernier n'a pas hésité à s'en servir d'autorité pour émettre des faux. Le gouvernement en exil, au vu des circonstances, a rapidement pris contact avec Waterlow Bros and Layton Ltd à Londres pour procéder à l'impression d'une nouvelle série au profit de la Croix-Rouge. Le résultat est une synthèse des deux émissions anversoises. En effet, elle récupère le cadre du "Monument de Mérode" en remplaçant la statue de Josué Dupont par l'effigie du roi Albert Ier. Les premières feuilles ont été vendues le 2 janvier 1915. Dans la collection philatélique de Raoul Warocqué est conservé un exemplaire de cette première série imprimée en Angleterre; l'oblitération porte la mention "Le Havre (Spécial). Seine inf[érieu]re. 11* [heures]. 8-1-15". Lui sont associés les timbres à 5 et 10 centimes de la série royale imprimée à Anvers. Les trois séries au profit de la Croix-Rouge ont été mises hors cours le 15 août 1920.


2 janvier 1915


Archives Warocqué, n° 41/12, Bons de guerre, Belgique.

 

Billet de 5 francs émis par la Société générale de Belgique

L'émission des billets de banque en Belgique n'a pas toujours été le monopole de la Banque nationale. En effet, avant sa fondation en 1850, chaque institution bancaire avait le droit d'imprimer sa propre monnaie fiduciaire. La Société générale, la Banque de Belgique et la Banque de Flandre y renoncent à cette époque, mais la Banque de Liège le conserve jusqu'en 1875. Les nécessités générées par la Première Guerre mondiale vont rendre temporairement à la Société générale de Belgique le privilège d'émettre du papier monnaie. À l'automne 1914, la Banque nationale ayant, d'une part, refusé d'enclencher la presse à billets pour permettre le paiement de la première contribution de guerre imposée par l'Allemagne à la ville de Bruxelles et, d'autre part, envoyé l'encaisse or et les plaques d'impression à Londres, se voit retirer son droit d'émission. Alerté par la situation, le directeur de la Société générale de Belgique, Jean Jadot, convainc le consortium des banques, fondé un peu plus tôt en août 1914, de négocier avec l'occupant pour préserver les intérêts nationaux et éviter une catastrophe économique. C'est ainsi que le 22 décembre 1914 est créé le Département d'émission. Au 9 décembre 1915, il avait émis pour 592 millions de francs, dont 480 servent au paiement de la contribution de guerre. La série réalisée en janvier 1915 se décline en six valeurs allant de 1 à 1 000 francs. Raoul Warocqué en a rassemblé une. Les billets - qui n'ont jamais circulé - portent le numéro de série A000002, laissant penser qu'ils lui ont été remis en hommage ou suite à une sollicitation en vue de compléter sa collection. Le billet de 5 francs, à l'effigie de la première reine des Belges, Louise-Marie d'Orléans, arbore cette mention confirmant le caractère transitoire des missions fiduciaires de la Société générale: "Le présent billet sera échangé au gré du porteur, contre un billet de banque de même import de la Banque nationale de Belgique, au plus tard trois mois après la conclusion de la paix". Le Département d'émission sera démantelé le lendemain de la signature de l'Armistice, le 12 novembre 1918. 

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