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Le Grand Bouddha
La statue en bronze du Grand Bouddha Amida, élevée dans le parc du Domaine de Mariemont en 1911, avait été commandée par Raoul Warocqué à un fondeur japonais lors de son voyage en Extrême-Orient de 1910. Cette statue de près de 4 m de hauteur est restée emblématique pour de nombreux visiteurs de la région.
Le Bouddha est assis sur une fleur de lotus, jambes croisées, et fait avec les mains le geste associé à la méditation et la concentration. Il est auréolé d’un nimbe décoré d’une frise de petits Bouddhas en bas-relief. Son type iconographique est identique à celui du Daibutsu de Kamakura (1252) dont il est la copie.
Installée à son emplacement actuel, face à l’entrée du Musée édifié par Roger Bastin, depuis 1967, la statue s’est progressivement dégradée. Hormis les intempéries, les problèmes de conservation du Bouddha proviennent de deux causes distinctes : une très mauvaise qualité de la coulée originale, ainsi que l’oxydation totale de son armature en fer, risquant de provoquer l’affaissement de l’ensemble.
Ces problèmes ont amené à une première étude de restauration par l’Institut royal du Patrimoine artistique et à l’entreposage du Bouddha, en 1991, dans une fonderie d’art en vue d’une prochaine restauration.
Lors d’un premier traitement, inachevé en raison de la faillite de l’entreprise chargée du dossier, la patine du Bouddha a été entièrement sablée, mettant au jour l’ensemble des défauts de coulée et manques de matière. Suite à la défection de l’entreprise, le Bouddha fut stocké dans un entrepôt de la gare autoroutière à Houdeng-Goegnies. En 2004, la nouvelle direction du Musée remet ce dossier à l’ordre du jour. Sur base d’une nouvelle étude réalisée par le fondeur Pierre Petit, un nouvel appel d’offre, rédigé conjointement par le Musée et par d’éminents spécialistes (Université de Liège, Institut supérieur industriel de Bruxelles, École royale militaire), est lancé début 2006. Il se soldera par la désignation du fondeur Gaétan Debelle, à qui incombera la tâche de terminer la restauration de la statue.
Un second traitement, entrepris à partir de fin 2006, a consisté à concevoir et mettre en place une armature intérieure, combler les manques les plus importants, mouler et fondre les éléments trop abimés pour les remplacer à l’identique. La dernière phase, actuellement en cours, consiste à appliquer une patine protectrice sur l’ensemble.
Dans un même temps, une étude a été réalisée en vue de réaménager l’emplacement du Bouddha dans le parc. Elle devait répondre à plusieurs critères tant de conservation que de présentation. Pour la conservation, l’aménagement du socle en pierre et maçonnerie est transformé afin d’y aménager une chambre de visite permettant de contrôler régulièrement l’état de l’intérieur de la statue. La mise en place d’un abri protégeant la statue des pluies et des vents dominants a également semblé nécessaire. Un appel à candidature, à l’intention de jeunes architectes récemment diplômés, lancé en 2007 par le Ministère de la Communauté française en association avec le Musée, a été remporté par Audrey Rasquinet et Aurore Géradon qui ont proposé pour l’occasion une structure sobre en acier Corten, qui s’intègre parfaitement dans la végétation du parc.
Les abords du site ont également été repensés. Le Ministère de la Région wallonne, qui gère le parc, a établi un projet de plantations appropriées qui seront installées dès la fin des travaux. Après le déplacement des vénérables massifs d’azalées qui entouraient la statue, des prunus à la floraison précoce, des massifs d’azalées taillées en vagues et des érables dont le feuillage prend à l’automne une teinte d’un rouge profond créeront bientôt autour du Bienheureux un écran végétal variant au cours des saisons.
Les lions du jardin d'hiver
Ces lions faisaient partie intégrante de l’architecture de façade du corps de logis du château des Warocqué. Les deux lions gardaient l’entrée donnant sur la pelouse d’honneur (façade aux canons), face du Bouddha. Les deux lionnes étaient de l’autre côté. Les voici aujourd'hui restaurés et remis devant le jardin d'hiver.
Auguste RODIN
Les Bourgeois de Calais
Bronze
2,20 x 2,35 x 1,78 m
1889 (Calais)
1905/1906 (Mariemont)
Inv. III.A.37
Les Bourgeois de Calais sont de retour !
Après plusieurs mois passés à l’abri des regards, les Bourgeois sont remontés sur leur socle, fraîchement rénové. Acquis par Raoul Waroqué en 1905, « les Bourgeois de Calais » sont menacés par le temps. Leur socle se fissure et s’effrite. Le 14 décembre 2007, afin de préserver cet œuvre fondue du vivant de Rodin, « les Bourgeois de Calais » descendent de leur socle. Le 28 novembre 2008, ils dominent de nouveau les ruines du Château de Charles de Lorraine.
Quelques infos supplémentaires ...
Ce groupe en bronze a été crée à la suite d’une commande passée en 1885 par la ville de Calais à Auguste Rodin (1840-1917), sculpteur français révolutionnaire de la fin du XIXe siècle. Cette œuvre renvoie à un épisode marquant de l’histoire de la ville médiévale. En 1328, à la mort du roi de France Charles IV, son cousin germain Philippe de Valois lui succède sur le trône plutôt que son neveu, Édouard III, roi d’Angleterre. Ce dernier est écarté car il descend du roi de France par sa mère. Contestant cette décision, il entre en guerre avec la France provoquant la «Guerre de Cent ans». Au cours du conflit, Édouard III assiège Calais, prospère ville marchande et portuaire. Lors de la reddition de la ville, six grands bourgeois acceptent de se sacrifier en échange de la vie des autres habitants. Ils se présentent au roi, pieds nus, en chemise, la corde au cou, tenant les clefs de la ville et du château. Devant leur courage et leur abnégation, l’épouse du roi demande leur grâce au souverain qui veut leur trancher la tête. Ils seront libérés, mais la ville passera sous le contrôle de l’Angleterre (jusqu’en 1558). Rodin a représenté ces bourgeois. Avec le puissant modelé qui caractérise son œuvre en bronze, l’artiste a privilégié la représentation humaine du drame. Six personnages en chemise, la corde au cou, manifestent par leurs attitudes et leurs expressions, la résignation, le regret, le désespoir. Les têtes baissées, les mains levées, les corps immobiles ou en mouvement expriment avec force le terrible moment des adieux. Le groupe initial, terminé en 1889, se dresse toujours à Calais. Cependant, du vivant de Rodin, trois tirages originaux en bronze furent réalisés : le premier pour un riche industriel danois, le deuxième, pour Raoul Warocqué. En 1889, un modèle en plâtre du groupe fut exposé à Bruxelles. Diverses propositions sont faites pour que l’État belge, ou une ville de Belgique, acquiert une copie de l’œuvre, mais en vain. Des mécènes sont alors sollicités. En 1905, Raoul Warocqué passe commande d’un tirage original des Bourgeois de Calais. En 1908, il décide de donner un pendant à cette œuvre et commande au sculpteur belge Victor Rousseau (1865-1954) le groupe Vers l’avenir. Pour assurer l’harmonie entre les deux œuvres, ce dernier insiste pour que le socle des Bourgeois de Calais soit rehaussé, en contradiction avec l’intention sculpteur qui souhaitait un socle bas renforçant le dialogue avec le spectateur.
Godefroid DEVREESE
Vase «Bacchanale»
Marbre; socle en granit rose
Haut. 2,77 m; diam. 1,25 m
1912
Inv. III.A.41
Le vase «Bacchanale» du sculpteur et médailleur Godefroid Devreese (1861-1941), que l’on peut admirer dans le parc devant la grande serre du jardin d’hiver, est la seconde version de l’œuvre sculptée par l’artiste. L’urne au motif de satyres et de bacchantes fut d’abord coulée en bronze. Le sujet s’inscrit dans la tradition antique qui dicte la mode des ornements de jardin de l’époque. Des satyres, au buste masculin et aux jambes de bouc, aux oreilles pointues, accompagnent en une ronde effrénée le dieu Bacchus, dieu du vin et du théâtre. En compagnie de jeunes femmes – les Bacchantes – qu’ils enlacent et tentent de séduire, ils se déplacent en un joyeux cortège. Ce thème, inspiré de l’art gréco-romain, intéresse beaucoup Godefroid Devreese qui a déjà conçu plusieurs versions plus petites de «Bacchanales». Pour cette commande, passée par Raoul Warocqué en 1906, il doit cependant façonner une œuvre monumentale destinée à l’ornementation du parc de Mariemont. La correspondance entre les deux hommes permet de suivre l’avancée des travaux. Lorsque l’urne, enfin terminée, est présentée en 1908 au Salon des Indépendants à Bruxelles, le sculpteur s’inquiète auprès de Raoul Warocqué du socle sur lequel elle va reposer à Mariemont. Après discussion, un bloc de granit rose de forme complexe, combinant le carré et l’octogone, à pans coupés incurvés, sera choisi.
En 1911, un incendie ravage l’hôtel de ville de Schaerbeek, commune où vit et travaille Devreese. Sans doute à l’instigation de l’artiste, Raoul Warocqué offre, trois jours plus tard, le vase « Bacchanale » à la commune. Il sera dressé en haut de l’avenue Louis Bertrand, à l’emplacement de l’ancienne église Saint-Servais rasée lors des grands travaux urbanistiques qui modifient en profondeur le visage de la commune. Ce choix constitue une ironie typique du XIXe siècle: une urne au décor païen, célébrant l’ivresse et la fête, érigée sur le lieu où fut longtemps célébré le culte catholique. Le sculpteur s’attelle aussitôt à une copie dans un matériau dont il rêve depuis longtemps, le marbre. Les difficultés se multiplient: l’obtention du bloc de marbre de Carrare adéquat nécessite de nombreuses transactions, le transport d’une œuvre beaucoup plus lourde et fragile que son prédécesseur en métal pose des difficultés. Malgré tout, en 1913, la nouvelle version est enfin placée sur... le socle d’origine que Raoul Warocqué avait conservé alors qu’il offrait le bronze à Schaerbeek.






> Des oeuvres sculptées ... 














